Fonds Charles Bénard
Charles Bénard (1867-1931)
Parmi les autres personnalités liées à la Préhistoire finistérienne et à l’archéologie française de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, le controversé Ch. Bénard adopte indûment et dans le cadre de ses activités archéologiques le nom de « Bénard-Le Pontois » après 1919, suite à la mort de Louis Le Pontois (1838-1919), sans doute en témoignage d’admiration et même si aucun lien de parenté ne les unit. Il étudie plusieurs nécropoles du sud Finistère (Saint-Urnel et Roz-an-Trémen à Plomeur), en alternance avec ses expéditions océanographiques. Ces études le conduiront à collaborer avec l’abbé Favret (1875-1950) ou encore G. Boisselier (1876-1943). En 1929, Ch. Bénard publie Le Finistère Préhistorique, ouvrage résultant de la collaboration entre plusieurs membres de l’IFEP, mais qui sera finalement édité sous sa seule signature et, cette même année,- il succède au docteur Louis Capitan (1854-1929) à la chaire de professeur d’Archéologie à l’École d’Anthropologie de Paris.
Il fut le premier conservateur du « Musée Préhistorique » de Penmarc’h, de 1922 jusqu’à 1931.
Le fonds photographique de C. Bénard reflète les différentes facettes de son existence qui a mêlé la carrière d’un officier de marine à celle d’un archéologue, d’un océanographe et, finalement, d’un aventurier. Ses clichés racontent sa vie personnelle, avec notamment les photos de famille dans le Var (Porquerolles… ) puis dans le Finistère (Penmarc’h…) , ou encore les voyages entre amis en Dordogne (Les Eyzies…). Ils retracent aussi certains épisodes de sa vie professionnelle, en tant qu’officier de marine appelé en 1918 dans le sud de la France pour participer à la campagne de déminage dans la rade de Toulon, illustrée par des dizaines de clichés. L’archéologie est présente à travers les images prises lors des fouilles de Saint-Urnel et de Roz-an-Trémen (Finistère) ou encore dans le cadre de la restauration des alignements de Lagatjar à Camaret-sur-Mer (Finistère) et de ceux d’Er Lannic, (Morbihan) en compagnie de Z. Le Rouzic et du couple Péquart. L’une de ses expéditions océanographiques dans l’Arctique russe, en Nouvelle-Zemble, en 1908 (puis 1914), est largement documentée, de même que son aventureuse expédition dans le Sahara dite des Cargos du Désert, en 1930.
Sur le plan des techniques de photographie, C. Bénard utilise fréquemment les plaques stéréo, parfois de manière dissymétrique, perdant ainsi l’objectif de relief. Le fonds C. Bénard comporte un certain nombre de clichés le représentant, sans que l’auteur de la photo ne soit identifié.
Le fonds photographique de C. Bénard a été scindé, au moins pour partie, entre l’Institut Finistérien d’Etudes Préhistoriques/Musée de Penmarc’h, et probablement la Société d'océanographie de France qu’il avait fondé en 1899, une partie de ce dernier fonds (expédition en Nouvelle-Zemble) se trouvant aujourd’hui au Musée d’Ethnographie de l'Université de Bordeaux (collection en ligne d’une centaine de plaques).
Portrait de Charles Bénard en 1927, R. Cocheril (archives du laboratoire Archéosciences, UMR 6566 CReAAH).
Charles Bénard en Afrique du Nord (1931) (archives du laboratoire Archéosciences, UMR 6566 CReAAH).